Les gais et lesbiennes du showbizz québécois !!!

 

En juillet 2006, Montréal est l’hôte des premiers Outgames mondiaux, des compétitions sportives et culturelles

permettant de rapprocher les gais et lesbiennes, des hétéros et bisexuels. Les Outgames se veulent une fête de la

tolérance.

Si en 2006, on en est venu à célébrer et à fêter la tolérance de la différence, c’est que les mentalités ont beaucoup

évolué depuis 40 ans. En effet, dans les années 60, l’homosexualité était encore considérée comme un acte

criminel au Canada. On en est maintenant arrivé à ouvrir le mariage aux conjoints de même sexe. L’évolution de la

société québécoise n’aurait pas été la même sans ces personnalités qui ont pris la parole et affiché leur différence

au fil des ans. Rendons-leur hommage !

 

 

Michel Tremblay

 

Depuis toujours, l’auteur et dramaturge Michel Tremblay se savait homosexuel. Dès l’âge de 13 ans, il désirait

partager ce trait de personnalité avec sa famille. Dans la société québécoise conservatrice des années 50, ce

n’était pas chose facile, mais ce sera tellement nourrissant pour son œuvre… En effet, les textes de Michel

Tremblay, autant ses romans que ses pièces de théâtre, sont marqués par ce sujet. Et quand il parlera

publiquement de son orientation sexuelle, dans les années 70, à l’émission « Appelez-moi Lise » si je ne m’abuse,

il choquera certaines bonnes mœurs, mais n’étonnera pas grand monde par ses révélations. Si le Québec a su

apprivoiser l’homosexualité, c’est en grande partie grâce aux textes de Michel Tremblay.

 

 

 

Michel Girouard

 

Michel Girouard a-t-il déjà fait un coming-out ? A vrai dire, il n’a jamais caché qu’il préférait les hommes. Pour lui

aussi, dès sa plus tendre enfance, tout était clair ! A 14 ans, il avouait à sa mère qu’il avait une attirance différente

des autres garçons de son âge. Le milieu artistique dans lequel il a évolué était aussi assez ouvert sur cette

question, ce qui fait qu’il n’a jamais eu à se cacher. Sa carrière de chanteur et d’animateur n’a jamais eu à souffrir

de cette différence. En 1971, alors qu’on n’envisageait même pas le mariage entre deux hommes, Michel

Girouard fit couler beaucoup d’encre dans les journaux alors qu’il unit sa destinée à Réjean, son pianiste.

quelques années plus tard, alors qu’il est devenu chroniqueur artistique, il publie son autobiographie intitulée

« Je vis mon homosexualité ». Aujourd’hui, Michel Girouard n’est plus sous les feux de la rampe, mais il aura été

l’un des premiers artistes québécois à afficher son homosexualité au grand jour.

 

 

 

Geneviève Paris

 

Si les hommes du milieu artistique sont plus enclins à se livrer à propos de leur homosexualité, très peu de femmes

en ont fait autant. La chanteuse Geneviève Paris est l’une de celles qui ont osé. Née en France, Geneviève Paris y

débute sa carrière aux côtés de Maxime LeForestier et Julien Clerc.  Elle y enregistre aussi deux albums. C’est à

la suite d’une tournée qu’elle prend la décision de s’établir au Québec, émue par l’accueil qu’elle avait reçu à ce

moment. En 1983, elle s’établit dans la belle province. Elle poursuit sa carrière et enregistre quelques albums,

écrit la chanson thème du film « La femme de l’hôtel » de Léa Pool et connaît en 1990 son plus grand succès avec

la chanson « Passages à vide ». Elle n’a jamais vraiment fait de coming-out, elle a plutôt vécu sa vie dans la

confiance du public.

 

 

 

Yves Jacques

 

Le comédien Yves Jacques non plus n’a jamais fait de coming-out, se contentant d’affirmer ce qu’il est lorsque la

question lui est posée en entrevue. Au tout début de sa carrière, il tenta une incursion dans le milieu de la chanson

et tourna le premier vidéo-clip québécois, « On peut pas tous être beaux », en 1981. Mais ce n’est pas la

chanson qui lui apporta la reconnaissance du public. En 1982, il participe au « Bye-Bye » et deviendra l’un des

comédiens attitrés de cette revue de fin d’année jusqu’au début des années 90. Son rôle de Pierrot dans la

comédie « Poivre et sel » lui permet de se faire connaître du grand public. Depuis, c’est surtout le cinéma qui

accapare son temps, au Québec aussi bien qu’en France. On l’a vu notamment dans « Le déclin de l’empire

américain », « Jésus de Montréal » et « Les invasions barbares ». De 1998 à 2000, il fut porte-parole de Gai

Écoute, un organisme qui vient en aide aux gais et lesbiennes qui éprouvent différentes difficultés reliées la leur

homosexualité.

Consultez notre dossier spécial sur les « Bye-Bye » !

 

 

 

René-Richard Cyr

 

L’orientation sexuelle de René-Richard Cyr n’a jamais été cachée. Pourtant, le comédien reste quand même

discret sur sa vie privée. Il avoue lui même qu’il n’a jamais cherché à parler de son homosexualité, mais les rôles

qu’on lui confie le ramène toujours à ce sujet. En effet, on se souvient qu’à la fin des années 80, il tenait le rôle

titre de la pièce de théâtre « Hosanna » de Michel Tremblay aux côtés de Gildor Roy. Hosanna, travesti déchu,

trahi par son conjoint Cuirette, a marqué sa carrière de comédien. Plus récemment, il tenait le même genre de rôle

dans la série « Cover Girl ». Entre ces deux rôles, il travailla surtout comme metteur en scène et il anima « Le

plaisir croît avec l’usage » sur les ondes de Télé-Québec.

 

 

 

André Montmorency

 

En 1992, André Montmorency parle ouvertement de son homosexualité pour la première fois alors qu’il publie

son autobiographie « De la ruelle au boulevard ». C’était toutefois sans grande surprise que le public découvrait la

nature de celui qui a joué l’un des plus célèbres gais de nos téléromans. En effet, c’était lui qui personnifiait le

coiffeur Christian Lalancette dans la comédie « Chez Denise » de 1979 à 1982. Certes, le personnage était

caricaturé à l’extrême ce qui avait valu à Radio-Canada des plaintes de communautés homosexuelles qui

n’appréciaient guère les clichés véhiculés par Christian. Pourtant, sous le couvert de l’humour, le personnage a

permis aux québécois de se familiariser avec l’idée que les gais existaient bel et bien dans notre société. Par la

suite, André Montmorency sera la duchesse de Langeais dans une pièce de Michel Tremblay et animera le

magazine « Sortie gaie » sur les ondes de Canal Vie.

 

 

 

Jasmin Roy

 

C’est également au cours des années 90 que le comédien Jasmin Roy sortira du placard dans une entrevue

accordée à la revue 7 Jours. Il personnifiait alors Mathias dans le téléroman « Chambres en ville ». Au cours de

cette entrevue, il présentait son amoureux. Depuis, Jasmin Roy a continué de graviter autour du milieu gai. En

effet, il présenta dans les années 90 un spectacle de travesti dans les clubs de Montréal. En 2001, il joue dans le

film « L’escorte » qui traite d’homosexualité. Il anime les défilés de la fierté gaie à TQS et tient aussi le rôle d’un

gai, Philippe Graton, dans la comédie « Caméra café ».

 

 

 

Clémence Desrochers

 

L’humoriste Clémence Desrochers a toujours été discrète sur sa vie privée. On sait toutefois qu’elle est la fille du

poète Alfred Desrochers. Cependant, dès ses débuts, elle misera davantage sur sa vie professionnelle que

personnelle en entrevue. D’abord chanteuse, elle fit partie du groupe Les Bozos avec Jean-Pierre Ferland, Hervé

Brousseau, Raymond Lévesque et Claude Léveillée. En plus d’être l’une de nos grandes monologuistes, elle

compte une magnifique carrière de comédienne. Connue comme Mlle Ste-Bénite dans l’émission pour enfants

« Grujot et Délicat », ses récents rôles au cinéma, dans « La grande séduction » et « Le secret de ma mère », lui

ont valu les plus grands éloges. C’est au tournant des années 2000 qu’elle s’est livrée sur sa vie de couple alors

que sa conjointe, Louise, qui était également son agent, a dû faire face à la maladie. Clémence et Louise filent le

parfait bonheur depuis 40 ans, preuve que même les couples de même sexe peuvent durer.

 

 

 

Claude Charron

 

Claude Charron a débuté sa carrière comme enseignant au cours des années 60. Fière nationaliste, il tente sa

chance aux élections de 1970 sous la bannière du tout nouveau Parti Québécois. Il est dès lors élu député.

Lorsque le parti de René Lévesque prendra le pouvoir en 1976, il sera nommé ministre. Déjà, il cache un terrible

secret. Son entourage politique le met en garde de ne pas révéler son orientation sexuelle en public pour éviter les

problèmes inhérents à son poste. Il démissionne en 1982. A compter de 1987, il rejoint le milieu du show-

business. Il anime le magazine « Le match de la vie » sur le réseau TVA. Gardant l’antenne jusqu’en 1998, il

développera un lien de confiance assez fort avec le public pour ne plus cacher qui il est. En 2002, il devient

co-animateur, avec Pierre Bruneau, du « TVA 17 heures », poste qu’il quitta au printemps 2006 pour aller vivre

en France.

 

 

 

Claude Rajotte

 

L’animateur Claude Rajotte est une figure bien connue des amateurs de vidéo-clips. Il est l’un des animateurs

vedettes de la station Musique Plus. Son émission « Le cimetière des CD » est devenue un petit classique dans le

domaine de la critique musicale. Sans élaborer davantage sur sa vie sentimentale, Claude Rajotte n’a pas peur de

clamer à qui lui demande qu’il préfère la compagnie des hommes. Il n’est toutefois pas le genre à manifester sa

fierté d’être ce qu’il est, se contentant de vivre sa vie comme il l’entend.

 

 

 

Michel Jasmin

 

L’animateur Michel Jasmin a traversé une grande épreuve en 2005 alors qu’il fut amputé d’une jambe. Heureuse-

ment, il n’était pas seul dans le malheur. Son amoureux, Anthony, était là pour le supporter et lui donner tout le

réconfort dont il avait besoin. C’est encore Anthony qui était près de lui lorsqu’il est allé chercher le trophée Artis

hommage qu’on lui décerna au printemps 2006. Alors qu’il avait peine à se mouvoir pour monter sur scène,

Anthony lui ouvrait ses bras pour le soutenir. Michel Jasmin avait présenté Anthony au grand public au début des

années 2000. Il ne cachait plus son orientation sexuelle, lui qui a fait les beaux jours de Télé-Métropole avec le

talk-show « Michel Jasmin » au début des années 80. Ses entrevues à TVA étaient toujours à l’horaire les midis

jusqu’en 2006.

 

 

 

Alex Perron

 

Le comédien Alex Perron ne s’est jamais posé la question s’il devait faire un coming-out ou non lorsqu’il a choisi

la vie d’artiste. Pour lui, c’était tout à fait normal de ne pas mentir sur qui il était. Après tout, on n’a qu’une vie à

vivre et pas question pour lui de la vivre en se cachant des journalistes qui pourraient le surprendre en tête à tête

romantique. D’ailleurs, dès le début des Mecs Comiques, il se présentait comme le « fif ». Plusieurs personnes

avaient alors très mal pris cette expression sans savoir qu’Alex Perron était vraiment gai. En fait, en riant de sa

situation, il a aidé à la banaliser. Quand la série « 3 x rien » a débuté à TQS, il a repris son rôle de gai et à chaque

émission, il sortait avec un nouveau gars. Mais avec le temps, Alex s’était stabilisé et avait rencontré Daniel qu’il a

finalement épousé à la fin de la série.

 

 

Daniel Pinard

 

En 2000, une bombe éclate dans le milieu artistique. L’animateur d’émissions culinaires Daniel Pinard donne une

entrevue choc aux « Francs-tireurs ». Il sort du placard avec fracas en affirmant que s’il parle de son

homosexualité, c’est pour dénoncer les humoristes qui ne se gênent pas pour lancer des blagues au goût douteux,

entre autre à l’émission « Piment fort » animée par Normand Brathwaite. Daniel Pinard cite même quelques

vulgarités entendues sur cette émission. Il se dit ému pour les jeunes qui ont encore de la difficulté à s’accepter et

qui entendent de pareilles inepties. Il montre aussi qu’il se soucie du taux de suicide chez les jeunes gais

québécois. Sa déclaration aura des répercussions dans les médias pendant plusieurs semaines, mais déjà Gai

Écoute s’est trouvé un porte-parole de choix, rôle qu’il exerce encore en 2006.

 

 

 

Pascal Rollin

 

Le comédien Pascal Rollin a passé toute sa vie à taire son orientation sexuelle. En 2005, alors qu’il a atteint l’âge

de 65 ans, il a décidé de ne plus se cacher et de vivre ouvertement à sa façon. Il faut dire que dans les années 70,

Pascal Rollin faisait soupirer bien des dames. Sex-symbol de son époque, il avait joué entre autre dans les

téléromans « Les forges de St-Maurice » et « Le clan Beaulieu » où il tenait le rôle de Patrice Beaulieu.

 

 

 

Dany Turcotte

 

Il est le dernier en liste à avoir fait son coming-out… et en plus, il l’a fait sans vouloir le faire vraiment. Non pas

qu’il tenait à cacher sa préférence, mais il ne voyait pas la nécessité d’en parler publiquement non plus. C’est à la

suite d’une émission de « Tout le monde en parle », qu’il coanime avec Guy A. Lepage, qu’il a mis les points sur

les i en regard de sa vie personnelle. Dany Turcotte avait d’abord été humoriste dans Le Groupe Sanguin avant

de faire équipe avec Dominique Lévesque dans le duo Lévesque-Turcotte.